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Et c'est une folie à nulle autre seconde
De vouloir se mêler de corriger le monde

Manifeste prospectif pour l'Économie Sociale

Voici longtemps que je caresse l'idée de résumer en quelques phrases ce qui m'a poussé à concevoir et à animer ce site, au confluent de mes anciennes amours (la prospective sociale) et de mon engagement, qui entre dans sa trente-cinquième année, en faveur de l'Économie Sociale.

Cent fois sur le métier l'ouvrage aura passé et repassé. Il aura été poli sans cesse, et repoli ! Et il est encore loin de me satisfaire intégralement. Mais enfin, la perfection n'étant pas de ce monde, le temps est venu de le sortir de l'atelier et de le livrer en pâture au public qui voudra bien lui faire l'aumône d'un regard, peut-être d'un commentaire, voire, qui sait ? d'une adhésion.

La concision entraîne la brutalité des formules. Un Manifeste ne laisse pas assez de place pour les réserves, la prudence, les concessions. Encore moins pour les explications. Cela pourra heurter certains, ou faire sourire d'autres. J'accepte d'avance tous ces risques. L'important, c'est d'être clair et sincère, avec soi-même d'abord, avec les idées ensuite. Le reste ne peut venir que par surcroît.

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Mutualité, où en es-tu ?

Cette note, diffusée au printemps 2015, est ici dans une version actualisée au 1er octobre.

Voici bientôt deux ans maintenant qu'il a été décidé de rendre obligatoire l'affiliation pour tous les salariés du secteur privé à une assurance complémentaire santé, vulgairement appelée mutuelle. Dès cette annonce, moult questions me sont venues à l'esprit, et j'ai cherché autour de moi des réponses... que nul n'a pu m'apporter. J'ai surtout été étonné de voir combien mes interlocuteurs, même parmi les plus concernés, ne semblaient guère curieux, ni a fortiori inquiets. Et puis, on pouvait lire de ci de là qu'il s'agissait "d'une vieille revendication de la Mutualité". Circulez, il n'y a pas grand chose à voir.

Mais quel est donc ce plat de lentilles, plus ou moins chargées de cailloux, pour lequel des dirigeants mutualistes auraient renoncé d'un cœur léger au premier de leurs principes fondateurs, à savoir la liberté d'adhésion du sociétaire ? Je n'en ai toujours pas la moindre idée. Si les adhésions doivent désormais se faire à l'échelle de l'entreprise, voire de la branche, qui sera sociétaire ? Que deviendront les contrats individuels existants ? Quel sera le statut des innombrables animateurs bénévoles des sections mutualistes d'entreprise ? Et que deviendra la liberté de ne pas être couvert, sans laquelle la liberté d'adhérer perd tout son sens ?

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Angèle et moi

Vous vous souvenez certainement de Mademoiselle Angèle. Au temps de sa riante jeunesse, elle enchantait nos comptines et celles de nos jeunes enfants... Mais la mondialisation est arrivée, et avec elle la concurrence des ateliers de confection des pays à bas salaires. Plus moyen de gagner sa croûte en cousant des pantalons, des jupes et des jupons... Quant aux gilets de flanelle et autres bonnets de coton, la mode s'est chargée de les faire disparaître encore plus sûrement que la dure loi du marché. Et la bonne Angèle est devenue SDF, vivotant du RSA et de ses souvenirs.

Vous imaginez donc la surprise qui fut la mienne lorsque, la semaine passée, je l'ai croisée par cette fin d'été ensoleillée sur le pont des Arts, marchant d'un pas décidé avec un porte-documents sous le bras. Ses cheveux étaient devenus gris, et l'âge n'avait pas épargné les traits de son visage, mais j'y voyais cependant refleurir sa vivacité et son espièglerie d'antan. C'était comme si après une longue éclipse, elle retrouvait goût à l'existence.

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Économie Sociale et Francophonie

Économie sociale et Francophonie sont deux mondes qu'à mon sens tout devrait rapprocher, mais qui dans les faits semblent totalement s'ignorer. Cela fait longtemps que je m'intéresse à l'un comme à l'autre. S'ils pouvaient se rencontrer, tisser des synergies, nul doute que l'organisation de mon temps, et mon efficacité personnelle, en tireraient de grands avantages ! Mais ces considérations égoïstes, bien que fort légitimes, ne suffiront sans doute pas à convaincre grand'monde. Il me faut donc évoquer des intérêts plus élevés, plus partagés. Et à ce niveau, je n'irai pas jusqu'à affirmer que l'économie sociale francophone et les institutions de la Francophonie ont besoin l'une de l'autre pour vivre ; en revanche, je suis certain qu'en continuant à se tourner le dos, elles se privent l'une et l'autre d'un atout majeur pour leur crédibilité, leur développement et leur cohérence intellectuelle. C'est ce que je veux m'efforcer de démontrer ici.

Avant toute chose, il importe de décrire les tenants et aboutissants de cette ignorance réciproque. Économie sociale et Francophonie ont ceci en commun de se revendiquer haut et fort de principes universels et généreux, voire rédempteurs, mais d'adopter en toutes circonstances une attitude de dominé, un comportement de minoritaires. Elles sont toutes deux, à des degrés divers, mal connues de l'opinion publique en général, des médias en particulier, et objet de confusions, de préjugés, d'approximations. Elles peuvent également, l'une comme l'autre, se définir d'abord par un idéal, une mission, une utopie, ou bien par des réalités, c'est à dire des organismes, des élus, des budgets, des bilans, choses humaines et fragiles s'il peut en être. Se demander si les réalités sont conformes aux rêves, si au moins elles s'en inspirent, est un débat parfois utile, parfois vain ; mais ce qui est sûr, c'est que si on ne comprend rien aux rêves, on ne peut rien comprendre, non plus, aux réalités. C'est exactement ce qui se passe.

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Au sujet de l'Art et de sa destination sociale

Prépublié en deux fois, les 20 et 27 août 2014

 

Si je reprends ici le titre d'un ouvrage posthume de Proudhon, c'est pour vous parler de Courbet, plus précisément du voyage à Ornans que l'on a fait faire en cet été 2014 à un tableau du Musée d'Orsay, et de quelques tenants et aboutissants dudit voyage. 

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Charité et Économie Sociale

Peut-on penser que la charité est l'inspiration originelle de l'économie sociale ?

Posée ainsi, cette question ne peut susciter qu'une réponse négative. La charité a de nos jours si mauvaise presse que ce serait quasiment porter préjudice à l'économie sociale que de lui assigner une telle ascendance. On ne jure désormais que par la solidarité, au point que, pour certains, l'économie sociale doit être sur-estampillée "et solidaire" comme si cela n'allait pas de soi.

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Sur trois chantiers d'économie sociale

Je reprends ici l'essentiel de la dernière partie du rapport d'activité que j'ai remis à l'ADDES le 31 mars 2014. Ce document couvre une période de plus de trois ans, en fait depuis le 5 octobre 2010, date à laquelle je transmettais à Henry Noguès, devant le Conseil National du Crédit Coopératif, mon bâton de Président de cette chère société savante qui se consacre depuis plus de 30 ans à l'économie sociale et dont je suis le dernier rescapé de l'équipe fondatrice.

Dans cette évocation résumée d'un demi-septennat au cours duquel je me suis maintes fois demandé à quoi pouvait servir un ancien Président, je me suis naturellement limité aux événements où je suis intervenu au nom de l'ADDES, en remerciant derechef celle-ci de la confiance qu'elle continue de m'accorder. La plus grande partie des documents relatifs à ces interventions ayant été au fur et à mesure mis en ligne sur votre site préféré, je ne les détaillerai pas davantage.

On ne devra pas s'étonner qu'après tant d'aventures partagées, bien qu'ayant passé la main et m'étant retiré dans ma province profonde, je sois resté fidèle à l'ADDES, en prenant bien soin toutefois de n'interférer en rien dans la liberté de manœuvre du nouveau Bureau auquel je souhaite tout le succès que méritent ses compétences et que nécessitent les circonstances. En effet, qu'on le veuille ou non, l'économie sociale semble le plus souvent réservée à ceux qui en font profession. Ceci est vrai dans ses manifestations, a fortiori dans sa gouvernance. Des espaces comme l'ADDES, ouverts aux amateurs, aux bénévoles, aux curieux, aux "honnêtes hommes", sont l'exception. On ne saurait donc s'en éloigner, car ce serait se couper d'une source vive irremplaçable.

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Modèle Actionnarial et Modèle Coopératif

Le texte qui suit est une version réaménagée de la communication que j'ai présentée le 21 juin 2012 à Aix en Provence lors d'un colloque universitaire consacré au thème suivant :

Quelle réponse éthique à la crise économique et sociétale :
Modèle Mutualiste et Coopératif et/ou modèle actionnarial ?

Il m'y avait été demandé de parler de la place de l'Économie Sociale en France. Je n'ai pas souhaité, dans le faible temps imparti, tenter une synthèse statistique qui aurait nécessité trop de considérants techniques pour rester audible. Mon choix s'est avéré judicieux, car la diversité des autres communications était suffisante pour donner au public, bien mieux que ne l'auraient fait des accumulations de tableaux de chiffres, un large aperçu de ce représente l'Économie Sociale dans notre pays.

J'ai préféré approfondir le thème proposé lui-même et développer ce que le statisticien, mais surtout l'économiste, peut dire sur les raisons d'être du modèle d'entreprise d'Économie Sociale et sa place par rapport au modèle actionnarial dominant. Ceci m'a conduit à « revisiter » divers anciens articles et à leur donner un tour qui m'est apparu comme renouvelé. Il me serait utile de savoir si les lecteurs partagent cette impression.  

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Mother, what is a co-operative society ?

L'année internationale des coopératives se termine. Elle aura donné lieu à nombre de colloques et de discours. Nous avons également eu droit à des chiffres, ronds et impressionnants à souhait : un million de salariés en France, un milliard de coopérateurs dans le monde. Il ne faudra pas manquer de faire, une fois venu le temps d'un suffisant recul, le bilan critique de tout cela.

Soyons naïfs, pour une fois : après toute une année scandée par tant de proclamations, avec des effectifs de relais naturels aussi importants, le monde coopératif devrait bénéficier d'une notoriété significative, d'une influence certaine, d'une image flatteuse... Il n'est pas évident que ce soit le cas. Où donc est la faille ?

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